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communautés / Enseigner avec la VMC

Distinguer les fondements de la VMC

Dans cette compétence, il s'agit de comprendre d'un point de vue théorique les concepts dont est issue la validation mutuelle des compétences. 

Validation mutuelle des compétences

Pourquoi
Le principe de base pourrait être illustré par la citation de Joseph Joubert
enseigner c'est apprendre deux fois
De nombreuses affirmations similaires apparaissent dans la littérature. La plus ancienne est attribuée à Sénèque (an zéro)
While we teach, we learn 
Mes élèves l'exprime un peu différement
quand on sait expliquer la chose c'est qu'on a vraiment bien compris 
Et comme je leur dit souvent, celui qui apprend le plus dans la classe, c'est le prof !

  • Parce qu'il est investi d'une mission. Il apprend dans un but de retransmission (pas pour la note). Il est alors plus attentif à ce qu'il apprend. Il est autonome et acteur de son apprentissage
  • Parce qu'il réinvestit les savoirs. Il doit souvent répéter et expliquer de différentes manières, sa connaissance en est approfondie.

Comment
La validation mutuelle des compétences a deux inspirations:

1) l’enseignement mutuel (Gartner, Kohler, Riessman, Grosjean et Legrand, 1973)
C'est le principe fondamental qui met chaque apprenant dans le rôle d'enseigner.
  • Etayage et modelage par les pairs,  conflits sociocogntifis dans la ZPD
  • Verbalisation des savoirs et apprentissage en profondeur (s'attend à enseigner, Nestojko)
  • Implication accrue par des but de maîtrise et un climat d'entraide
La psychologie sociale et cognitive a bien montré la nécessité de verbaliser la connaissance pour la comprendre en profondeur (Vygotski et Piaget) mais aussi pour en confronter les représentations par étayage (Bruner).
S’il existe plusieurs modes d’échanges, nous prenons le parti pris de mettre l’élève en position d’enseignant pour qu’il s’investisse et puisse offrir un modelage (Bandura) à ces pairs. Pour simplifier, nous pourrions reprendre la célèbre phrase attribuée à Albert Einstein « Si vous ne pouvez expliquer quelque chose simplement, c’est que vous ne l’avez pas bien compris ».

2) les arbres de connaissances(Authier et Lévy, 1999)
C'est l'artéfact qui organiser les échanges.
  • Représentation topologique des savoirs (métacognition)
  • La gestion des savoirs par l'échange autour d'un brevet (économie du savoir)
  • Valorisation des savoirs par le statut d'expert (sentiment d'efficacité personnelle)
Les arbres de connaissances permettent de structurer les échanges en identifiant les rôles de chaque apprenant. Celui qui maîtrise la compétence est identifié comme expert. Il va préparer une épreuve (brevet), corriger et accompagner ses camarades.
La méthode permet de différencier les apprentissages, puisque les parcours sont personnalisés.

Références
Authier, M. et Lévy, P. (1999). Les arbres de connaissances. La Découverte.
Bandura, A. (2007). Auto-efficacité: le sentiment d'efficacité personnelle. (Traduit par J. Lecomte & P. Carré). De Boeck Université.
Bruner, J. S. et Deleau, M. (2002). Le développement de l'enfant: savoir faire, savoir dire. Presses universitaires de France.
Gartner, A., Kohler, M. C., Riessman, F., Grosjean, M. R. et Legrand, L. (1973). Des enfants enseignent aux enfants: apprendre en enseignant. Editions de l'Epi.
Nestojko, J. F., Bui, D. C., Kornell, N. et Bjork, E. L. (2014). Expecting to teach enhances learning and organization of knowledge in free recall of text passages. Memory & cognition, 42(7), 1038-1048.
Vygotski, L. S. et Piaget, J. (1934). Pensée et langage. (Traduit par F. Sève). La Dispute.

Concrètement 

Qu'est-ce que ça change
Il s'agit de mettre l'apprenant en position d'évaluateur et de créateur.
Trop souvent nous restituons des connaissances sans bien les comprendre et restons dans un bas niveau de la taxonomie de Bloom. Ce n'est pas de la mauvaise fois, car souvent l'apprenant a l'impression de savoir. Et c'est lorsqu'il doit appliquer qu'il se rend compte que ce savoir n'était pas suffisant.
8 plus-values de l'apprentissage avec la VMC
  1. Etre autodéterminé et s'investir, sachant qu'il va devoir enseigner (expliquer, valider, etc.)
  2. Se sentir autonome et acteur de son apprentissage, par les choix qu'il fait.
  3. Avoir un regard métacognitif, par la vision de ses compétences et des apprentissages restants.
  4. Se sentir compétent et reconnu par la communauté, par son statut d'expert.
  5. Assimiler en profondeur les connaissances en les confrontant aux apprenants.
  6. Réinvestir la connaissance par la répétition, en étant interpellé par les apprenants à des moments éloignés de son apprentissage.
  7. Avoir une posture réflexive, lorsque l'expert prépare un brevet.
  8. Développer les soft skills. Développer l'écoute, la collaboration en travaillant dans un but de maîtrise plutôt que de performance.

Fonctionnement de base
Tout tourne autour des échanges avec les experts qui valident les compétences par l'intermédiaire d'un brevet.

Le terme compétence est pris au sens très large. Le plus souvent c'est plus une capacité. Mais tout est possible. Cela peut être un savoir pur ou une compétence complexe.

L'arbre propose une suite logique dans l'acquisition des compétences. Le plus souvent, l'élève est libre de déterminer son propre parcours.

Une liste de tâches structure l'apprentissage et la prise d'information, d'exercices, etc.
Le fil de discussion permet d'échanger sur la compétence ou d'y ajouter du contenu. C'est le lieu central.

Une fois que l'élève pense savoir. Il peut valider sa compétence en passant un brevet. C'est une épreuve brève qui permet à l'élève de démontrer sa maîtrise et devenir à son tour expert.

Le terme expert est assimilé à une maîtrise de la connaissance. Devenir expert, ce n'est pas tout savoir et être sans faille. C'est avoir suffisamment de maîtrise pour devenir ressource pour la communauté et pouvoir juger des capacités des autres.
Un expert peut se tromper comme tout enseignant. Il se remet en question et c'est comme cela qu'il continue d'apprendre.

En préparant un brevet, il crée une épreuve qui doit questionner et faire apparaître la maîtrise de l'apprenant qui le complète. 
Valider un brevet n'est pas déterminer une échelle ou savoir si c'est juste ou faux, mais faire apparaître les éléments du savoir. 

En cas de doute, il demandera des précisions. En cas de manque, l'expert doit accompagner l'élève, lui expliquer ce qui n'est pas compris, lui donner d'autres pistes pour qu'il progresse.

Le refus d'un brevet est une occasion d'entrer en collaboration avec l'expert et de profiter d'un accompagnement pour atteindre l'objectif.
Aller plus loin dans la création
En plus des brevets, les experts peuvent être incités à créer des ressources d'apprentissage ( expliquer une théorique, montrer la résolution d'un exercice, organiser un débat, etc.).

Dans un objectif d'alignement pédagogique plus poussé encore, les compétences peuvent donner lieu à la création d'une réalisation finale qui mettra plusieurs compétences en action.

Ces créations sont alors valorisées dans le profil de l'utilisateur visible à la communauté et qu'il peut montrer à l'extérieur.

7 tâches

  • Je sais pourquoi enseigner est le meilleur moyen d'apprendre
  • Je comprends l'importance de la verbalisation du savoir
  • Je comprends le rôle de l'expert
  • Je me représente les différentes étapes de la validation d'une compétence par brevet
  • Je peux citer les deux inspirations de la VMC
  • Je connais l'acronyme VMC
  • Je fais le lien entre les plus-values et les actions de la VMC